Livre blanc 06 · Climat
Un acier moins carboné au Cameroun : il pourrait atteindre le tiers de l’intensité carbone mondiale
Sur le réseau camerounais, une aciérie électrique pourrait émettre bien moins que les moyennes mondiales ; la mesure vérifiée devient un avantage face au MACF.
Dérivé Établi à partir de l’édition française du manuscrit, à la date de génération du site ; équivalent imprimé = mots ÷ 350.
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Synthèse
Ce que montre l’étude
Lire la synthèse complèteUne aciérie électrique raccordée au réseau camerounais, à dominante hydroélectrique, pourrait produire de l’acier à environ 0,3 t de CO₂ par tonne dans les périmètres 1 et 2 (émissions directes et électricité achetée) et à environ 0,6 t en incluant les unités de fer importées, selon nos estimations. Les mécanismes d’ajustement carbone aux frontières peuvent transformer cet avantage estimé, une fois mesuré et vérifié, en atout concurrentiel face à l’acier issu du minerai, et le minerai et l’hydroélectricité de l’Afrique centrale lui ouvrent, à long terme, l’option du fer vert.
Source : livre blanc 06, synthèse ; les repères entre crochets renvoient à la liste des sources en annexe.
Conclusions principales
- C’est le choix de la filière, et non l’effort à la marge, qui fixe l’intensité carbone de l’acier. L’acier représente environ 7 % à 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre [S02]. Selon les données 2024 de worldsteel, la filière haut fourneau émet 2,34 t CO2 par tonne d’acier brut, la réduction directe au gaz associée à un four à arc électrique (FAE) 1,47 t et le FAE à ferraille 0,69 t, pour une moyenne mondiale de 1,92 t [S01]. L’Afrique produit déjà 89 % de son acier brut au FAE [S03].
- Le réseau camerounais émet environ deux fois moins de carbone que la moyenne mondiale. L’intensité moyenne de l’électricité camerounaise était d’environ 226 g CO2e/kWh en 2024, contre 471 g pour le monde et 717 g pour l’Afrique du Sud [S48]. L’hydroélectricité a assuré environ 72 % de la production en 2024 selon les données d’Ember et, selon celles du régulateur, environ 90 % en 2025, après la mise en service complète de la centrale de Nachtigal (420 MW) [S49][S50] ; les deux jeux de données n’ont pas la même couverture. L’application du taux d’émission fossile de 2024 au mix de 2025 suggère une moyenne d’environ 74 à 96 g/kWh (dérivé, indicatif). La valeur de 226 g/kWh est donc prudente au regard de la moyenne, mais pas du facteur marginal : tant que la ligne d’évacuation de Nachtigal et le réseau sud ne sont pas renforcés, une nouvelle charge à Kribi peut être desservie à la marge par des centrales au gaz ou au fioul à environ 770 g/kWh, ce qui ajouterait jusqu’à environ 0,5 t par tonne pendant les heures où les centrales thermiques sont marginales (dérivé).
- L’empreinte illustrative de la première phase est d’environ 97 000 t de CO2 par an dans les périmètres 1 et 2. À sa capacité nominale de 0,3 Mt/an, la phase 1 de RC-1 émettrait environ 31 900 t de façon directe sur site (périmètre 1) et environ 65 300 t au titre de l’électricité achetée au réseau, émises dans les centrales (périmètre 2). Des sources mineures non modélisées (gazole des engins, GPL et SF6 des appareillages électriques) y ajouteraient environ 3 000 à 7 000 t (hypothèse). Le DRI ou le fer briqueté à chaud (HBI) importé y ajoute environ 76 200 t en amont. À la production soutenue attendue de 270 000 à 300 000 t par an, les totaux annuels sont inférieurs d’au plus 10 % et les intensités inchangées. À la capacité de conception de 1 Mt/an, les chiffres sont d’environ 328 000 t (périmètres 1+2) et 582 000 t amont des unités de fer compris ; l’intensité reste proche de 0,33 et 0,58 t par tonne. Avec un four à la valeur haute de planification d’environ 490 kWh par tonne pour une charge à 30 % de DRI, au lieu de 450, chaque intensité augmente d’environ 0,01 t (dérivé de la configuration de référence RC-1).
- Les unités de fer enfournées pèsent plus que tout autre choix pris isolément. Porter de 30 % à 50 % la part de DRI importé dans la charge ajoute environ 0,18 t par tonne ; la ramener à 20 % fait gagner environ 0,09 t. L’intensité amont de ce DRI (0,5 à 0,9 t par tonne de DRI) fait varier le résultat d’environ 0,07 t dans un sens ou dans l’autre, et le facteur d’émission du réseau (200 à 300 g/kWh) de −0,03 à +0,07 t. Pris un par un, ces paramètres maintiennent l’intensité de la phase 1 entre environ 0,49 et 0,75 t par tonne ; à leurs extrêmes conjoints, elle varie d’environ 0,42 à 0,95 t (dérivé).
- L’avantage tient autant au réseau qu’au four. La même aciérie raccordée à un réseau de moyenne mondiale émettrait environ 0,81 t par tonne amont des unités de fer compris, et environ 1,05 t sur le réseau sud-africain. Sur cette base d’empreinte complète, elle perdrait son avance sur la moyenne des FAE à ferraille à partir d’un facteur d’émission du réseau d’environ 340 g/kWh (dérivé). Une électricité bas carbone garantie par contrat relève donc d’une décision carbone, et pas seulement d’une décision énergétique.
- Une même usine peut déclarer en toute honnêteté sept chiffres différents. Selon le périmètre retenu, la même tonne de phase 1 porte environ 0,11 t (périmètre 1 seul), 0,11 t (périmètres 1+2 avec un contrat d’électricité hydroélectrique selon la méthode fondée sur le marché), 0,20 t (périmètres 1+2 au facteur de contrôle 2025 de 96 g/kWh), 0,32 t (périmètres 1+2 à la moyenne du réseau de 2024), 0,36 t (base MACF de l’UE, qui compte pour l’acier les émissions directes et celles des précurseurs mais pas l’électricité achetée), 0,54 t (par tonne d’acier brut, sur la base ISO 14404 et worldsteel) ou 0,58 t (la même chose, par tonne de produit). La crédibilité suppose d’indiquer le périmètre à chaque fois et de recourir à une vérification par un tiers.
Sommaire
12 chapitres, 4 annexes
Chaque chapitre s’ouvre sur sa conclusion. Les annexes donnent la méthode, le glossaire et la liste des sources.
- SynthèseSynthèse : un départ bas carbone que seule la mesure peut transformer en atout15 min · 1 fig.
- Chapitre 1L’acier et le climat : la filière décide12 min · 3 fig.
- Chapitre 2Comptabiliser le carbone de l’acier : préciser le périmètre à chaque fois14 min · 2 fig.
- Chapitre 3Le facteur d’émission du réseau : l’hydroélectricité camerounaise, premier atout de l’aciérie électrique13 min · 3 fig.
- Chapitre 4Une empreinte illustrative : environ 0,3 t dans les périmètres 1 et 2, environ 0,6 t avec le fer importé17 min · 5 fig.
- Chapitre 5Les mécanismes d’ajustement carbone aux frontières : une faible intensité vérifiée devient un avantage de prix14 min · 3 fig.
- Chapitre 6Le fer vert : une option de long terme pour l’Afrique centrale, conditionnée par le minerai, l’électricité et le gaz15 min · 4 fig.
- Chapitre 7Risques climatiques et adaptation : un site de plateau, un climat humide qui se réchauffe et une côte portuaire en érosion14 min · 3 fig.
- Chapitre 8Circularité : la ferraille est l’intrant le plus propre, le laitier et les poussières sont des ressources14 min · 3 fig.
- Chapitre 9Financement et référentiels : prêteurs, acheteurs et certificateurs exigeront des preuves14 min · 2 fig.
- Chapitre 10Une trajectoire de décarbonation : environ 40 % de moins avec les leviers connus, davantage avec le fer vert13 min · 2 fig.
- Chapitre 11Lacunes de connaissance : ce que l’on ignore encore, et comment y remédier6 min
Annexes
Pour aller plus loin
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- WP07Construire de manière responsable à Kribi : une usine sidérurgique peut respecter les normes internationales à quatre conditionsEnvironnement et société · 3,3 h
Outils Labs liés
- Calculateur carbone et MACF
Quelle est l’empreinte d’une tonne d’acier et combien coûterait-elle à l’export vers l’UE ?
- Laboratoire des filières
Quelle filière consomme le moins d’énergie et émet le moins de CO₂ ?
- Demande électrique
De combien d’électricité une aciérie électrique a-t-elle besoin, heure par heure ?
Citer ce livre blanc
CS-WP-06
Cameroon Steel (2026). Un acier moins carboné au Cameroun : il pourrait atteindre le tiers de l’intensité carbone mondiale. Livre blanc 06, CS-WP-06. https://www.cameroon-steel.com/fr/bibliotheque/lower-carbon-steel/
- Référence
- CS-WP-06
- Édition
- 10 octobre 2026
- Statut
- Première édition
- Diffusion
- Public