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De la ressource minérale à la valeur industrielle

Livre blanc 06 · Climat

Un acier moins carboné au Cameroun : il pourrait atteindre le tiers de l’intensité carbone mondiale

Sur le réseau camerounais, une aciérie électrique pourrait émettre bien moins que les moyennes mondiales ; la mesure vérifiée devient un avantage face au MACF.

Édition
10 octobre 2026
Chapitres
16
Mots
49 019
Lecture
3,6 h
Équivalent imprimé
env. 140 p.
Figures
31

Dérivé Établi à partir de l’édition française du manuscrit, à la date de génération du site ; équivalent imprimé = mots ÷ 350.

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Synthèse

Ce que montre l’étude

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Une aciérie électrique raccordée au réseau camerounais, à dominante hydroélectrique, pourrait produire de l’acier à environ 0,3 t de CO₂ par tonne dans les périmètres 1 et 2 (émissions directes et électricité achetée) et à environ 0,6 t en incluant les unités de fer importées, selon nos estimations. Les mécanismes d’ajustement carbone aux frontières peuvent transformer cet avantage estimé, une fois mesuré et vérifié, en atout concurrentiel face à l’acier issu du minerai, et le minerai et l’hydroélectricité de l’Afrique centrale lui ouvrent, à long terme, l’option du fer vert.

0,32t/t
Périmètres 1+2 par t de produit, RC-1 phase 1 (dérivé, illustratif)
0,58t/t
Avec l’amont du DRI/HBI importé (dérivé, illustratif)
1,92t/t
Moyenne mondiale, toutes filières, données 2024 (worldsteel)
226g/kWh
Moyenne du réseau camerounais, 2024 (Ember)
82 €/t CO 2
Prix du certificat MACF (CBAM) de l’UE, 3e trimestre 2026 (82,32 €)

Source : livre blanc 06, synthèse ; les repères entre crochets renvoient à la liste des sources en annexe.

Conclusions principales

  1. C’est le choix de la filière, et non l’effort à la marge, qui fixe l’intensité carbone de l’acier. L’acier représente environ 7 % à 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre [S02]. Selon les données 2024 de worldsteel, la filière haut fourneau émet 2,34 t CO2 par tonne d’acier brut, la réduction directe au gaz associée à un four à arc électrique (FAE) 1,47 t et le FAE à ferraille 0,69 t, pour une moyenne mondiale de 1,92 t [S01]. L’Afrique produit déjà 89 % de son acier brut au FAE [S03].
  2. Le réseau camerounais émet environ deux fois moins de carbone que la moyenne mondiale. L’intensité moyenne de l’électricité camerounaise était d’environ 226 g CO2e/kWh en 2024, contre 471 g pour le monde et 717 g pour l’Afrique du Sud [S48]. L’hydroélectricité a assuré environ 72 % de la production en 2024 selon les données d’Ember et, selon celles du régulateur, environ 90 % en 2025, après la mise en service complète de la centrale de Nachtigal (420 MW) [S49][S50] ; les deux jeux de données n’ont pas la même couverture. L’application du taux d’émission fossile de 2024 au mix de 2025 suggère une moyenne d’environ 74 à 96 g/kWh (dérivé, indicatif). La valeur de 226 g/kWh est donc prudente au regard de la moyenne, mais pas du facteur marginal : tant que la ligne d’évacuation de Nachtigal et le réseau sud ne sont pas renforcés, une nouvelle charge à Kribi peut être desservie à la marge par des centrales au gaz ou au fioul à environ 770 g/kWh, ce qui ajouterait jusqu’à environ 0,5 t par tonne pendant les heures où les centrales thermiques sont marginales (dérivé).
  3. L’empreinte illustrative de la première phase est d’environ 97 000 t de CO2 par an dans les périmètres 1 et 2. À sa capacité nominale de 0,3 Mt/an, la phase 1 de RC-1 émettrait environ 31 900 t de façon directe sur site (périmètre 1) et environ 65 300 t au titre de l’électricité achetée au réseau, émises dans les centrales (périmètre 2). Des sources mineures non modélisées (gazole des engins, GPL et SF6 des appareillages électriques) y ajouteraient environ 3 000 à 7 000 t (hypothèse). Le DRI ou le fer briqueté à chaud (HBI) importé y ajoute environ 76 200 t en amont. À la production soutenue attendue de 270 000 à 300 000 t par an, les totaux annuels sont inférieurs d’au plus 10 % et les intensités inchangées. À la capacité de conception de 1 Mt/an, les chiffres sont d’environ 328 000 t (périmètres 1+2) et 582 000 t amont des unités de fer compris ; l’intensité reste proche de 0,33 et 0,58 t par tonne. Avec un four à la valeur haute de planification d’environ 490 kWh par tonne pour une charge à 30 % de DRI, au lieu de 450, chaque intensité augmente d’environ 0,01 t (dérivé de la configuration de référence RC-1).
  4. Les unités de fer enfournées pèsent plus que tout autre choix pris isolément. Porter de 30 % à 50 % la part de DRI importé dans la charge ajoute environ 0,18 t par tonne ; la ramener à 20 % fait gagner environ 0,09 t. L’intensité amont de ce DRI (0,5 à 0,9 t par tonne de DRI) fait varier le résultat d’environ 0,07 t dans un sens ou dans l’autre, et le facteur d’émission du réseau (200 à 300 g/kWh) de −0,03 à +0,07 t. Pris un par un, ces paramètres maintiennent l’intensité de la phase 1 entre environ 0,49 et 0,75 t par tonne ; à leurs extrêmes conjoints, elle varie d’environ 0,42 à 0,95 t (dérivé).
  5. L’avantage tient autant au réseau qu’au four. La même aciérie raccordée à un réseau de moyenne mondiale émettrait environ 0,81 t par tonne amont des unités de fer compris, et environ 1,05 t sur le réseau sud-africain. Sur cette base d’empreinte complète, elle perdrait son avance sur la moyenne des FAE à ferraille à partir d’un facteur d’émission du réseau d’environ 340 g/kWh (dérivé). Une électricité bas carbone garantie par contrat relève donc d’une décision carbone, et pas seulement d’une décision énergétique.
  6. Une même usine peut déclarer en toute honnêteté sept chiffres différents. Selon le périmètre retenu, la même tonne de phase 1 porte environ 0,11 t (périmètre 1 seul), 0,11 t (périmètres 1+2 avec un contrat d’électricité hydroélectrique selon la méthode fondée sur le marché), 0,20 t (périmètres 1+2 au facteur de contrôle 2025 de 96 g/kWh), 0,32 t (périmètres 1+2 à la moyenne du réseau de 2024), 0,36 t (base MACF de l’UE, qui compte pour l’acier les émissions directes et celles des précurseurs mais pas l’électricité achetée), 0,54 t (par tonne d’acier brut, sur la base ISO 14404 et worldsteel) ou 0,58 t (la même chose, par tonne de produit). La crédibilité suppose d’indiquer le périmètre à chaque fois et de recourir à une vérification par un tiers.

Sommaire

12 chapitres, 4 annexes

Chaque chapitre s’ouvre sur sa conclusion. Les annexes donnent la méthode, le glossaire et la liste des sources.

  1. SynthèseSynthèse : un départ bas carbone que seule la mesure peut transformer en atout15 min · 1 fig.
  2. Chapitre 1L’acier et le climat : la filière décide12 min · 3 fig.
  3. Chapitre 2Comptabiliser le carbone de l’acier : préciser le périmètre à chaque fois14 min · 2 fig.
  4. Chapitre 3Le facteur d’émission du réseau : l’hydroélectricité camerounaise, premier atout de l’aciérie électrique13 min · 3 fig.
  5. Chapitre 4Une empreinte illustrative : environ 0,3 t dans les périmètres 1 et 2, environ 0,6 t avec le fer importé17 min · 5 fig.
  6. Chapitre 5Les mécanismes d’ajustement carbone aux frontières : une faible intensité vérifiée devient un avantage de prix14 min · 3 fig.
  7. Chapitre 6Le fer vert : une option de long terme pour l’Afrique centrale, conditionnée par le minerai, l’électricité et le gaz15 min · 4 fig.
  8. Chapitre 7Risques climatiques et adaptation : un site de plateau, un climat humide qui se réchauffe et une côte portuaire en érosion14 min · 3 fig.
  9. Chapitre 8Circularité : la ferraille est l’intrant le plus propre, le laitier et les poussières sont des ressources14 min · 3 fig.
  10. Chapitre 9Financement et référentiels : prêteurs, acheteurs et certificateurs exigeront des preuves14 min · 2 fig.
  11. Chapitre 10Une trajectoire de décarbonation : environ 40 % de moins avec les leviers connus, davantage avec le fer vert13 min · 2 fig.
  12. Chapitre 11Lacunes de connaissance : ce que l’on ignore encore, et comment y remédier6 min

Annexes

  1. Annexe AMéthode, hypothèses et plages12 min
  2. Annexe BGlossaire et abréviations7 min
  3. Annexe CSources11 min
  4. Annexe DTableaux de données des figures22 min

Citer ce livre blanc

CS-WP-06

Cameroon Steel (2026). Un acier moins carboné au Cameroun : il pourrait atteindre le tiers de l’intensité carbone mondiale. Livre blanc 06, CS-WP-06. https://www.cameroon-steel.com/fr/bibliotheque/lower-carbon-steel/

Référence
CS-WP-06
Édition
10 octobre 2026
Statut
Première édition
Diffusion
Public