Labs · Demande électrique
De combien d’électricité une aciérie électrique a-t-elle besoin, heure par heure ?
Pour la phase 1, environ 289 GWh par an : 36,1 MW en moyenne sur 8 000 heures, une charge qui oscille entre 16 et 51 MW environ, et une pointe d’environ 47 MW en moyenne sur 15 minutes.
Résultat
DérivéPour 300 000 t de produits par an, l’aciérie consommerait environ 289 GWh d’électricité, soit 36,1 MW en moyenne sur 8 000 heures de marche. La charge oscillerait entre 16 et 51 MW environ d’une minute à l’autre, avec une pointe d’environ 47 MW en moyenne sur 15 minutes : 47 % des 100 MW initialement prévus au poste de Kribi. L’énergie représente 3,6 % de la production électrique du Cameroun en 2025, à environ 90 % hydraulique.
289GWh
Électricité par an
36,1MW
Puissance moyenne sur les heures de marche
47MW
Pointe, moyenne sur 15 minutes (base de facturation)
16–51MW
Plage de la charge, valeurs à la minute
25MW
Four à arc : puissance active moyenne arc allumé, ordre de grandeur
47%
Des 100 MW initiaux du poste de Kribi (pointe sur 15 minutes)
3,6%
De la production nationale 2025
Une journée type
La courbe de charge, minute par minute
Où va l’électricité
La pointe face à l’alimentation
| 00 | 01 | 02 | 03 | 04 | 05 | 06 | 07 | 08 | 09 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 36,2 | 36,9 | 36,2 | 36,3 | 36,9 | 35,7 | 35,7 | 36,6 | 36,1 | 36,4 | 36,7 | 35,8 | 36,5 | 35,8 | 35,8 | 36,1 | 36,4 | 35,3 | 36,0 | 35,9 | 36,4 | 36,1 | 36,5 | 34,7 |
Hypothèses du modèle
20 hypothèses
| Paramètre | Valeur retenue | Fourchette | Statut | Source |
|---|---|---|---|---|
| Production annuelle (phase 1) | 300 000 t/an de produits finis | 50 000 – 1 000 000 | Hypothèse | Cameroon Steel, configuration de référence RC-1 (édition du 10 octobre 2026) : 0,3 Mt/an en première phase, hypothèse de planification ; capacité de conception visée de 1 Mt/an (Cameroon Tribune, 2 janvier 2025) |
| Four à arc électrique | 450 kWh/t d’acier liquide | 347 – 500 | Sourcé | SFI, EHS Guidelines for Integrated Steel Mills (2007) : 1 250–1 800 MJ/t = 347–500 kWh/t ; RC-1 retient 450 |
| Four-poche (affinage) | 37,5 kWh/t d’acier liquide | 30,0 – 50,0 | Hypothèse | Repère générique 30–50 kWh/t ; avec les auxiliaires, il forme les 70 kWh/t de RC-1 |
| Auxiliaires (coulée, oxygène, eau, air comprimé, éclairage) | 32,5 kWh/t d’acier liquide | 20,0 – 50,0 | Dérivé | Cameroon Steel, configuration de référence RC-1, édition du 10 octobre 2026 (estimation de planification, et non valeur de conception) : 70 kWh/t, four-poche compris |
| Laminage | 110 kWh/t de produit | 70 – 150 | Sourcé | SFI, EHS Guidelines (2007) : laminage 70–140 kWh/t ; fourchette générique jusqu’à 150 kWh/t |
| Réchauffage des billettes par induction | 300 kWh/t de produit | 150 – 400 | Hypothèse | Cameroon Steel, configuration de référence RC-1, édition du 10 octobre 2026 (estimation de planification, et non valeur de conception) : réchauffage électrique par induction, enfournement partiellement à chaud (150–400 kWh/t) |
| Alternative : four de réchauffage au gaz | 1,3 GJ/t de produit | 1,1 – 1,6 | Hypothèse | Cameroon Steel, configuration de référence RC-1, édition du 10 octobre 2026 (estimation de planification, et non valeur de conception) : four à longerons mobiles (1,1–1,6 GJ/t) ; électricité non comptée |
| Rendement coulée et laminage | 0,94 t/t | 0,92 – 0,96 | Hypothèse | Cameroon Steel, configuration de référence RC-1, édition du 10 octobre 2026 (estimation de planification, et non valeur de conception) : 0,92–0,96 |
| Heures de marche par an | 8 000 h/an | 6 000 – 8 400 | Hypothèse | Cameroon Steel, configuration de référence RC-1, édition du 10 octobre 2026 (estimation de planification, et non valeur de conception) : 8 000 heures de marche par an |
| Durée de coulée à coulée | 60 min | 40 – 70 | Hypothèse | Pratique générique d’un four à arc électrique moderne : 40 à 70 minutes ; environ une coulée par heure dans la journée illustrative du livre blanc 05 |
| Four de la classe 40 t : coulée d’environ 40 t d’acier liquide | 40 t | — | Hypothèse | Cameroon Steel, configuration de référence RC-1, édition du 10 octobre 2026 (estimation de planification, et non valeur de conception) : un four à arc électrique de la classe 40 t en phase 1 |
| Part du temps sous tension (arc allumé) | 0,73 part | 0,70 – 0,82 | Hypothèse | Livre blanc 05, annexe A : le rechargement, la coulée et la remise en état occupent environ 27 % du cycle ; pratique générique de 20 à 30 % |
| Part du temps de chauffe du four-poche | 0,33 part | 0,25 – 0,60 | Hypothèse | Livre blanc 05, annexe A : un appel de puissance du four-poche d’environ 20 minutes à chaque cycle (valeur illustrative) |
| Charge des auxiliaires hors production | 0,40 part | 0,20 – 0,60 | Illustratif | Illustratif : eau, air comprimé et éclairage continuent de fonctionner à charge réduite |
| Ligne 225 kV et poste de Kribi, capacité initiale | 100 MW | — | Sourcé | Port Autonome de Kribi, communiqués des 6 août 2025 et 19 août 2026 |
| Capacité ultérieure (330 à 400 MW, valeur centrale) | 365 MW | 330 – 400 | Sourcé | Port Autonome de Kribi, communiqués des 6 août 2025 et 19 août 2026 |
| Production d’électricité du Cameroun (2025) | 8 119,9 GWh | — | Sourcé | ARSEL, Rapport d’activités 2025 (7 septembre 2026) : 8 119,9 GWh, dont 7 272,4 GWh d’hydroélectricité |
| Pointe nationale de consommation (2025) | 1 278 MW | — | Sourcé | ARSEL, Rapport d’activités 2025 (7 septembre 2026) : pointe de 1 278 MW pour 2 033 MW installés |
| Part de l’hydroélectricité dans la production (2025) | 90 % | — | Sourcé | ARSEL, Rapport d’activités 2025 (7 septembre 2026) |
| Intensité carbone du réseau (2024) | 226 g CO₂/kWh | 200 – 300 | Sourcé | Ember via Our World in Data : Cameroun 225,9 g CO₂e/kWh en 2024, année où l’hydraulique fournissait environ 72 % de la production ; l’ARSEL rapporte environ 90 % d’hydraulique pour 2025 ; le facteur 2024, plus prudent, est retenu |
Méthode de calcul
Énergie annuelle = acier liquide × (four à arc + four-poche + auxiliaires) + produits × (laminage + réchauffage électrique), avec acier liquide = produits ÷ 0,94. Avec les valeurs par défaut (450 + 70 kWh/t d’acier liquide, dont 37,5 pour le four-poche ; 110 + 300 kWh/t de produit), on retrouve les 289 GWh par an de la configuration de référence RC-1 pour la phase 1 et, sur 8 000 heures de marche, sa puissance moyenne de 36,1 MW.
La journée type est celle du livre blanc 05 (chapitre 9, figure 9.2 ; méthode en annexe A). Le four à arc répète son cycle de coulée à coulée : perçage, fusion, recharge, perçage, fusion, affinage, puis coulée et remise en état, soit environ 27 % du temps hors tension. Sa puissance varie autour de chaque palier (écart type de 35 % au perçage, de 14 % en fusion, de 4 % à l’affinage, selon une suite pseudo-aléatoire fixe) et elle est plafonnée à environ 110 % du niveau de fusion. Les coulées se suivent avec un court délai aléatoire ; le four-poche donne une impulsion par cycle ; le laminoir, le réchauffage et les auxiliaires tournent de façon continue. Chaque composante est ensuite mise à l’échelle pour que son énergie journalière soit exacte.
Quelle pointe ? L’outil cite la pointe en moyenne sur 15 minutes, base de la facturation de la puissance : environ 47 MW avec les valeurs par défaut, comme dans le livre blanc. La plage indiquée (environ 16 à 51 MW) va du 5e au 99e centile des valeurs à la minute pendant les heures de marche. L’appel maximal prévu en phase 1 est de 55 MVA (45 à 65).
Deux équipes. Avec deux équipes, l’usine tourne 16 heures par jour de marche : les heures saisies (8 000 par défaut) deviennent environ 5 300 heures de marche réelles. La même énergie annuelle s’y concentre : la moyenne sur les heures de marche passe à environ 54 MW, contre 36,1 MW rapportés aux 8 000 heures, et la pointe monte. Hors de ces heures, seuls les auxiliaires au ralenti consomment (moins de 1 MW la nuit).
Faisabilité. En phase 1, un seul four de la classe 40 t fond tout l’acier : environ une coulée d’environ 40 t par heure. Si la production, la durée de coulée à coulée et les heures de marche demandent des coulées nettement plus lourdes, l’outil le signale : le résultat décrit alors plusieurs lignes de fusion, et non une usine à un four.
Limites. Repères génériques, et non caractéristiques d’équipements : la puissance du four est donnée en ordre de grandeur (environ 25 MW de puissance active, arc allumé, avec les valeurs par défaut). Pas de fluctuations à la seconde (papillotement), pas d’arrêts programmés. La pointe dimensionne le raccordement et la compensation ; l’énergie annuelle dimensionne le contrat. La part hydraulique suppose que l’usine reçoit le mix national.
Sources
- SFI, EHS Guidelines for Integrated Steel Mills (2007) : four à arc 347–500 kWh/t, laminage 70–140 kWh/t
- Cameroon Steel, configuration de référence RC-1 (10 oct. 2026) : 289 GWh/an et 36,1 MW en moyenne sur 8 000 heures en phase 1 ; livre blanc 05, chapitre 9 et annexe A, pour la journée type
- Port Autonome de Kribi, communiqués des 6 août 2025 et 19 août 2026 : ligne 225 kV, 100 MW puis 330 à 400 MW
- ARSEL, Rapport d’activités 2025 : production 8 119,9 GWh, pointe 1 278 MW, environ 90 % d’hydroélectricité
- Ember via Our World in Data : 225,9 g CO₂e/kWh en 2024, année où l’hydraulique fournissait environ 72 % de la production