Labs · Laboratoire des filières
Quelle filière consomme le moins d’énergie et émet le moins de CO₂ ?
Le four électrique alimenté en ferraille. Sur le réseau camerounais, la phase 1, avec du fer préréduit importé, émettrait environ 0,58 t de CO₂ par tonne, contre 2,29 t au haut fourneau.
Résultat
DérivéSur un réseau à 226 g CO₂/kWh, la phase 1 de Cameroon Steel émettrait environ 0,58 t de CO₂ par tonne de produit, fer préréduit importé compris, soit 75 % de moins que la filière haut fourneau (2,29 t). À ce niveau, la réduction directe à l’hydrogène fait mieux que celle au gaz ; elle perd l’avantage au-dessus d’environ 370 g/kWh.
0,58t CO₂/t
Cameroon Steel, phase 1
2,29t CO₂/t
Haut fourneau, même réseau
75%
Réduction par rapport au haut fourneau
370g/kWh
Seuil où l’hydrogène bat le gaz
963kWh/t
Électricité de la phase 1, par tonne
Quatre lectures d’une même question
Cinq filières, trois mesures, un réseau
CO₂ par tonne (t CO₂/t)
Sensibilité au réseau électrique (t CO₂/t)
axe horizontal : g CO₂/kWh ; axe vertical : t CO₂/t
Énergie finale par tonne (GJ/t)
Électricité par tonne (kWh/t)
| Filière | t CO₂/t | GJ/t | kWh/t |
|---|---|---|---|
| Haut fourneau | 2,29 | 21,4 | 150 |
| DRI au gaz | 1,26 | 17,1 | 680 |
| DRI à l’hydrogène | 0,87 | 12,2 | 3 400 |
| Ferraille | 0,53 | 2,1 | 520 |
| Cameroon Steel P1 | 0,58 | 7,1 | 963 |
Hypothèses du modèle
25 hypothèses
| Paramètre | Valeur retenue | Fourchette | Statut | Source |
|---|---|---|---|---|
| Intensité carbone du réseau camerounais (2024) | 226 g CO₂/kWh | 200 – 300 | Sourcé | Ember via Our World in Data, intensité carbone de la production d’électricité : Cameroun 225,9 g CO₂e/kWh en 2024, année où l’hydraulique fournissait environ 72 % de la production ; l’ARSEL rapporte environ 90 % d’hydraulique pour 2025 ; le facteur 2024, plus prudent, est retenu |
| Sensibilité : réseau camerounais au mix 2025 | 85 g CO₂/kWh | 74 – 96 | Illustratif | Ordre de grandeur, et non facteur publié : le mix 2025 rapporté par l’ARSEL (7 272,4 GWh hydrauliques sur 8 119,9 GWh, environ 10 % de thermique) combiné à l’intensité des centrales thermiques implicite dans la valeur Ember 2024 (225,9 g/kWh pour environ 28 % de production non hydraulique) ; fourchette du livre blanc 06, chapitre 3 : environ 74 g/kWh en ne comptant que la combustion, environ 96 g/kWh avec des facteurs de cycle de vie pour l’hydraulique et le solaire ; les outils retiennent le milieu de la fourchette |
| Facteur réseau implicite des moyennes mondiales | 538 g CO₂/kWh | 450 – 550 | Hypothèse | AIE, Iron and Steel Technology Roadmap (2020) : facteur réseau mondial de 538 g/kWh, utilisé ici pour séparer les moyennes worldsteel en une part électrique et un reste |
| Intensité CO₂, haut fourneau (moyenne mondiale) | 2,34 t CO₂/t | — | Sourcé | worldsteel, Sustainability Indicators 2025 (données 2024) |
| Intensité CO₂, réduction directe (moyenne mondiale) | 1,47 t CO₂/t | — | Sourcé | worldsteel, Sustainability Indicators 2025 (données 2024) |
| Intensité CO₂, ferraille au four électrique (moyenne mondiale) | 0,69 t CO₂/t | — | Sourcé | worldsteel, Sustainability Indicators 2025 (données 2024) |
| Énergie finale, haut fourneau | 21,4 GJ/t | — | Sourcé | AIE, Iron and Steel Technology Roadmap (octobre 2020), énergie finale par filière |
| Énergie finale, DRI au gaz et four électrique | 17,1 GJ/t | — | Sourcé | AIE, Iron and Steel Technology Roadmap (octobre 2020), énergie finale par filière |
| Énergie finale, ferraille et four électrique | 2,1 GJ/t | — | Sourcé | AIE, Iron and Steel Technology Roadmap (octobre 2020), énergie finale par filière |
| Électricité achetée, haut fourneau | 150 kWh/t | 50 – 300 | Hypothèse | Hypothèse de planification : les usines intégrées produisent l’essentiel de leur électricité à partir des gaz de procédé |
| Électricité, DRI au gaz et four électrique | 680 kWh/t | 550 – 800 | Dérivé | Commission européenne, JRC, BREF (2013) : four électrique 404–748 kWh/t ; +14,5 kWh/t par tranche de 10 % de DRI dans la charge ; Energiron environ 73 kWh/t de DRI (Commission européenne, ICIT) |
| Électricité, DRI à l’hydrogène (électrolyse comprise) | 3 400 kWh/t | 3 200 – 3 600 | Dérivé | Environ 54 kg de H₂ par tonne de DRI et 2,4 à 2,8 MWh/t de DRI d’électrolyse (Midrex, AIE), plus le four électrique : 3,2 à 3,6 MWh par tonne d’acier |
| Électricité, ferraille et four électrique | 520 kWh/t | 404 – 748 | Dérivé | Four électrique 450 kWh/t (SFI, EHS 2007, fourchette 347–500), plus 70 kWh/t pour le four-poche et les auxiliaires (RC-1) |
| Émissions non électriques, DRI à l’hydrogène | 0,10 t CO₂/t | 0,05 – 0,15 | Hypothèse | Hypothèse de planification, du même ordre que les émissions directes du four électrique dans RC-1 (0,06–0,15 t/t) ; seuil « quasi nul » de l’AIE : 0,40 t/t |
| Émissions directes du four (électrodes, carbone, chaux) | 0,10 t CO₂/t d’acier liquide | 0,06 – 0,15 | Hypothèse | Cameroon Steel, configuration de référence RC-1, édition du 10 octobre 2026 (estimation de planification, et non valeur de conception) : 0,06–0,15 t/t |
| Émissions amont du DRI importé (réduction au gaz) | 0,7 t CO₂/t de DRI | 0,5 – 0,9 | Hypothèse | Cameroon Steel, configuration de référence RC-1, édition du 10 octobre 2026 (estimation de planification, et non valeur de conception) : four à cuve au gaz, 0,5–0,9 t/t |
| Électricité du four à arc électrique | 450 kWh/t d’acier liquide | 347 – 500 | Sourcé | SFI, EHS Guidelines for Integrated Steel Mills (2007) : 1 250–1 800 MJ/t = 347–500 kWh/t ; RC-1 retient 450 |
| Surcroît d’électricité par point de DRI au-delà de 30 % | 1,45 kWh/t par point de DRI | 1,00 – 2,00 | Dérivé | Commission européenne, ICIT, Energiron : +14,5 kWh/t par tranche de 10 % de DRI dans la charge |
| Poche, coulée, oxygène, eau, air comprimé, éclairage | 70 kWh/t d’acier liquide | 50 – 100 | Hypothèse | Cameroon Steel, configuration de référence RC-1, édition du 10 octobre 2026 (estimation de planification, et non valeur de conception) : 50–100 kWh/t |
| Laminage | 110 kWh/t de produit | 70 – 140 | Sourcé | SFI, EHS Guidelines (2007) : laminage 70–140 kWh/t |
| Réchauffage électrique des billettes (induction, enfournement partiellement à chaud) | 300 kWh/t de produit | 150 – 400 | Hypothèse | Cameroon Steel, configuration de référence RC-1, édition du 10 octobre 2026 (estimation de planification, et non valeur de conception) : 150–400 kWh/t |
| Rendement coulée et laminage | 0,94 t/t | 0,92 – 0,96 | Hypothèse | Cameroon Steel, configuration de référence RC-1, édition du 10 octobre 2026 (estimation de planification, et non valeur de conception) : 0,92–0,96 |
| Rendement métallique de la ferraille au four | 0,90 t/t | 0,88 – 0,92 | Hypothèse | Calibré pour qu’une charge ferraille–DRI 70/30 donne le rendement d’aciérie RC-1 de 0,88 (fourchette 0,85–0,91) |
| Rendement métallique du DRI au four | 0,833 t/t | 0,800 – 0,870 | Hypothèse | Le DRI contient 6 à 8 % de gangue et d’oxyde non réduit ; calibré avec le rendement de la ferraille sur la valeur RC-1 de 0,88 |
| Gaz naturel de la réduction directe (amont) | 10,0 GJ/t de DRI | 9,5 – 11,0 | Hypothèse | Midrex environ 9,8 GJ/t ; Energiron environ 10 GJ/t ; Suez Steel 9,2 GJ/t (2026) |
Méthode de calcul
Pour chaque filière de référence, l’intensité mondiale publiée par worldsteel (I) est séparée en une part électrique, E × gréf, et un reste R = I − E × gréf, où E est l’électricité consommée par tonne et gréf = 538 g/kWh le facteur réseau mondial de l’AIE. Sur un réseau g, l’intensité vaut R + E × g : à 538 g/kWh, le modèle redonne exactement 2,34, 1,47 et 0,69 t CO₂/t. La filière hydrogène est calculée de même avec 3 400 kWh/t (électrolyse comprise) et 0,10 t de reste.
La phase 1 de Cameroon Steel est construite pièce par pièce depuis la configuration de référence RC-1, par tonne de produit fini : émissions directes du four (0,10 t par tonne d’acier liquide), émissions amont du fer préréduit importé (0,7 t par tonne de DRI), et toute l’électricité du site, four, poche, laminage et réchauffage par induction compris (963 kWh/t par défaut), multipliée par g. Chaque point de DRI au-delà de 30 % ajoute 1,45 kWh/t au four. Les tonnages se déduisent des rendements : acier liquide = produits ÷ 0,94 ; charge métallique = acier liquide ÷ Y, où Y est la moyenne des rendements au four de la ferraille (0,90) et du fer préréduit (0,833), pondérée par leurs parts, comme dans l’explorateur de chaîne de valeur. Y vaut 0,88 à 30 % de DRI et baisse quand cette part augmente (0,833 à 100 %) : il faut alors plus de DRI par tonne d’acier.
Limites. Les moyennes mondiales mêlent des usines très différentes ; les frontières de calcul (acier brut ou produit fini, amont inclus ou non) diffèrent légèrement d’une source à l’autre ; l’énergie est de l’énergie finale (AIE), pas primaire. Résultats indicatifs, à remplacer par des mesures vérifiées en exploitation.
Sources
- worldsteel, Sustainability Indicators 2025 (données 2024) : 2,34 · 1,47 · 0,69 t CO₂/t
- AIE, Iron and Steel Technology Roadmap (2020) : énergie finale par filière, facteur réseau mondial
- Ember via Our World in Data : réseau camerounais 225,9 g CO₂e/kWh en 2024, année où l’hydraulique fournissait environ 72 % de la production
- ARSEL, Rapport d’activités 2025 : environ 90 % d’hydroélectricité en 2025
- Commission européenne, ICIT : Energiron, électricité et surcroît lié au DRI
- Cameroon Steel, configuration de référence RC-1 (10 oct. 2026) ; SFI, EHS Guidelines (2007)