Livre blanc 08 · Chapitre 6 · Édition française
Le contenu local ne multiplie les emplois d’une aciérie que si les fournisseurs sont développés, et pas seulement privilégiés
La plupart des emplois que soutient une aciérie se trouvent hors de son enceinte, dans les entreprises qui la construisent, l’entretiennent, l’approvisionnent, transportent ses produits et servent son personnel. Le droit camerounais pousse désormais les investisseurs vers l’embauche locale et les fournisseurs locaux : l’ordonnance de 2025 sur les incitations à l’investissement fait d’un programme de compétences locales, de recrutement local et de sous-traitance locale une condition d’éligibilité, et le Code minier de 2023 fixe des obligations détaillées de contenu local pour la chaîne d’approvisionnement en minerai [S36][S35]. La préférence juridique ne suffit cependant pas à créer des fournisseurs capables. L’expérience d’autres industries lourdes africaines est compatible avec une progression des achats locaux là où les acheteurs investissent pas à pas dans les capacités de leurs fournisseurs et en mesurent le résultat, même si aucun cas publié n’isole l’effet de cet investissement. Pour une aciérie à Kribi, les services et les travaux sur site peuvent être en grande partie locaux dès la première année ; la maintenance, l’usinage et certains consommables peuvent suivre en cinq ans grâce à un programme structuré de développement des fournisseurs ; les intrants qui resteront importés fixent le programme de développement industriel de long terme de la grappe.
Dans ce chapitre (8)
- 6.1 Ce qu’achète une aciérie
- 6.2 Catégorie par catégorie
- 6.3 Le cadre juridique camerounais lie désormais les incitations au contenu local
- 6.4 La préférence ne fait pas la capacité
- 6.5 Dangote Cement : des achats locaux en hausse pendant que l’entreprise déclarait investir dans ses fournisseurs
- 6.6 Le Cameroun dispose déjà d’une base de fournisseurs sur laquelle bâtir
- 6.7 Mesurer honnêtement le contenu local
- 6.8 Les risques et leur gestion
6.1 Ce qu’achète une aciérie
Les achats d’une aciérie se répartissent en quatre groupes au potentiel local très différent.
- Charge métallique et énergie. La ferraille, le DRI ou le fer briqueté à chaud (HBI) et l’électricité constituent les principaux coûts d’exploitation d’une usine à FAE. Ils proviennent de là où se trouvent les matières métalliques et l’énergie ; à long terme, le minerai de fer camerounais réduit en DRI et l’hydroélectricité camerounaise représentent la plus grande opportunité de contenu local, mais ce sont des projets industriels à part entière plutôt que des contrats de fourniture.
- Consommables de procédé. Électrodes en graphite, réfractaires, ferro-alliages, chaux, gaz industriels, cylindres et pièces de rechange. La plupart sont importés aujourd’hui ; certains, comme la chaux, les granulats et les gaz produits sur site, peuvent être locaux ; d’autres, comme la pose des réfractaires et la réparation des cylindres, comportent une part de service local même lorsque le matériau est importé.
- Services. Maintenance mécanique et électrique, usinage et réparation, essais de laboratoire, nettoyage, restauration, gardiennage, transport, manutention portuaire, informatique et formation. Ces services sont intensifs en main-d’œuvre et en grande partie localisables.
- Travaux d’investissement. Génie civil, bâtiments, charpentes métalliques, montage et installation lors de chaque phase de construction. Les entreprises locales peuvent en prendre une large part si les lots sont dimensionnés à leur capacité.
La figure 6.1 présente des objectifs illustratifs pour la part de chaque catégorie susceptible d’être confiée à des fournisseurs immatriculés au Cameroun au cours des première et cinquième années d’exploitation. Ces objectifs ne sont pas des engagements ; ils montrent où le développement des fournisseurs peut changer les résultats, et où il ne le peut pas à court terme.
Source : analyse de Cameroon Steel. Objectifs, et non engagements ni prévisions ; méthode en annexe A.
6.2 Catégorie par catégorie
Les catégories de la figure 6.1 diffèrent par ce dont les fournisseurs locaux ont besoin pour se qualifier.
- La restauration, le nettoyage et le gardiennage sont des services intensifs en main-d’œuvre que des entreprises camerounaises fournissent déjà à l’industrie. La qualification relève surtout de l’hygiène, de la sécurité et du respect du droit du travail, ainsi que de la juste rémunération du personnel ; ces services peuvent être presque entièrement locaux dès le départ.
- Le transport routier et la manutention portuaire sont aussi largement locaux aujourd’hui, mais l’acier implique des charges lourdes et longues, des fenêtres de livraison strictes et des exigences de sécurité élevées pour le chargement et l’arrimage. Les transporteurs ont besoin de normes pour leurs véhicules, de la formation de leurs chauffeurs et d’une gestion de la fatigue pour se qualifier.
- Le génie civil et les matériaux de construction peuvent être locaux si les lots de construction sont dimensionnés à la capacité des entreprises camerounaises, et si le ciment, les granulats et les ronds à béton sont achetés localement lorsqu’ils satisfont aux spécifications.
- La maintenance mécanique et les installations électriques exigent des soudeurs certifiés, des habilitations électriques, des modes opératoires et une documentation qualité. Ce sont les catégories où le développement des fournisseurs change le plus les résultats, et où des techniciens formés par les programmes de l’usine elle-même peuvent créer leur propre entreprise.
- L’usinage et la réparation des cylindres et des pièces de rechange exigent des machines-outils, de la métrologie et des connaissances métallurgiques. Les ateliers d’ingénierie de Douala sont le point de départ ; le saut à franchir porte sur la précision, la documentation et les délais d’exécution.
- La chaux, les granulats et le traitement du laitier dépendent autant de la géologie et de la logistique que des compétences. Le laitier d’aciérie, un sous-produit, peut devenir un intrant local pour les granulats routiers et de construction, créant une chaîne d’approvisionnement qui part de l’usine vers l’extérieur.
- Les gaz industriels, les réfractaires, les ferro-alliages et les électrodes en graphite sont des produits spécialisés, capitalistiques ou importés. Le contenu local dans ces catégories viendra d’abord des services, comme l’exploitation d’une unité d’oxygène sur site ou la réfection des revêtements de fours et de poches, plutôt que de la fabrication.
6.3 Le cadre juridique camerounais lie désormais les incitations au contenu local
Le cadre juridique camerounais du contenu local a été renforcé en trois étapes depuis 2023 (tableau 6.1). Pour un investisseur industriel, l’étape la plus importante est l’ordonnance n° 2025/002 du 18 juillet 2025 fixant les incitations à l’investissement, ratifiée par la loi n° 2025/015 du 17 décembre 2025, qui a remplacé la loi de 2013 sur les incitations à l’investissement [S36][S37].
La loi de 2013 qu’elle a remplacée rangeait déjà la sidérurgie parmi les secteurs prioritaires éligibles à des incitations spécifiques [S63], et en décembre 2025 le Premier ministre a créé un comité sur l’intégration des mines et de la métallurgie dont le mandat inclut l’approvisionnement des sidérurgistes locaux en minerai de fer [S64]. Aux termes de l’article 6 de l’ordonnance, tout investisseur qui sollicite des incitations doit produire un programme de développement des compétences locales et de transfert de technologie, ainsi qu’un plan de recrutement prioritaire de travailleurs camerounais et de recours prioritaire aux sous-traitants et prestataires locaux (formulation de Cameroon Steel ; seul le texte officiel fait foi), accompagnés de la preuve du financement de l’investissement [S36]. Aux termes de l’article 7, un projet nouveau doit satisfaire au moins deux critères d’une liste qui comprend la création d’emplois directs pour des Camerounais à hauteur d’au moins un emploi par tranche de 50 millions de FCFA d’investissement prévu, compte tenu de la sous-traitance locale ; pour les projets industriels, l’utilisation de ressources naturelles nationales pour au moins 50 % de la valeur des intrants (hors main-d’œuvre, eau, énergie et télécommunications), sauf indisponibilité ; un accroissement de la valeur ajoutée d’au moins 30 % ; et l’exportation d’au moins 25 % du chiffre d’affaires [S36]. L’ordonnance prévoit le contrôle des engagements, notamment des emplois créés, et permet de retirer la convention d’investissement si les engagements ne sont pas tenus [S36].
Tableau 6.1 Dispositions juridiques camerounaises relatives à l’emploi local, aux compétences et aux fournisseurs utiles à une aciérie
| Instrument | Disposition | Ce qu’elle exige ou permet | Source |
|---|---|---|---|
| Ordonnance n° 2025/002 du 18 juillet 2025 (incitations à l’investissement), ratifiée par la loi n° 2025/015 | Art. 6(2)(a) | Programme de compétences locales et de transfert de technologie ; recrutement prioritaire de Camerounais ; recours prioritaire aux sous-traitants et prestataires locaux | [S36][S37] |
| Même texte | Art. 7 | Au moins deux critères, dont un emploi direct par tranche de 50 millions de FCFA investis et, pour l’industrie, 50 % d’intrants issus de ressources naturelles nationales | [S36] |
| Même texte | Dispositions de contrôle | Vérification des engagements, des achats locaux et des emplois créés ; retrait possible de la convention | [S36] |
| Loi n° 2023/014 du 19 décembre 2023 (Code minier) | Art. 40(4) | Les conventions minières doivent fixer la part de la production destinée à la transformation locale, d’au moins 15 % | [S35] |
| Même texte | Art. 121 à 123 | Volet de contenu local comprenant un pan ressources humaines et un pan entreprises locales ; plan de recrutement par catégorie ; programme de formation ; priorité aux PME locales ; contribution à un compte de développement des capacités locales | [S35] |
| Même texte | Art. 124 à 126 | Priorité aux Camerounais qualifiés à compétence égale ; 95 % des postes ne requérant pas de qualification particulière réservés aux Camerounais ; préférence pour les entreprises camerounaises ; programmes de transfert de technologie pour remplacer les expatriés | [S35] |
| Loi n° 92/007 du 14 août 1992 (Code du travail) | Art. 27 | Les contrats de travail des travailleurs étrangers doivent être visés par le ministre du Travail avant leur exécution | [S33] |
| Loi de finances 2023 | Redevance sur le visa de travail | Deux mois de salaire brut pour les travailleurs non africains, un mois à demi-tarif pour les travailleurs africains ; recettes destinées à la formation professionnelle | [S30][S31] |
| Loi de finances 2025 | Art. 8, « préférence nationale » | Les biens importés ayant des équivalents fabriqués localement perdent les facilités douanières, sauf exceptions liées aux accords commerciaux et aux pénuries attestées | [S40] |
Source : comme indiqué. Résumés établis par Cameroon Steel ; les textes officiels font foi.
Le Code minier ne s’applique pas à une aciérie en tant que telle, qui ne détient aucun titre minier. Il importe pour deux raisons. D’abord, son chapitre sur le contenu local est l’énoncé le plus détaillé de ce que l’État camerounais attend des grands investisseurs dans les ressources, et ces mêmes attentes sont désormais généralisées par l’ordonnance sur les incitations. Ensuite, il relie la chaîne d’approvisionnement en minerai à l’industrie locale : en exigeant que les conventions minières consacrent au moins 15 % de la production à la transformation locale [S35], il crée la base juridique permettant que du minerai camerounais soit transformé en fer et en acier au Cameroun. Cameroon Mining Company, société sœur de Cameroon Steel, détient le permis d’exploitation de Mbalam [S09].
6.4 La préférence ne fait pas la capacité
La préférence juridique accordée aux fournisseurs camerounais ne règle que la moitié du problème. Une règle de préférence peut obliger un acheteur à choisir une entreprise locale lorsqu’il en existe une qualifiée ; elle ne peut pas rendre une entreprise qualifiée. Dans l’industrie lourde, l’écart porte généralement sur quatre domaines : les systèmes de santé et de sécurité, l’assurance qualité et la documentation, la capacité technique pour des tâches spécifiques, et le fonds de roulement nécessaire pour financer des contrats payés à terme échu. Un prestataire de maintenance local incapable de produire un mode opératoire, un plan de levage ou un soudeur certifié ne sera pas admis sur le site d’une aciérie, quoi qu’en dise la loi.
Le développement des fournisseurs comble cet écart par une suite d’étapes (figure 6.2). Le fournisseur s’inscrit et fournit les pièces juridiques, fiscales et de sécurité de base ; ses capacités font l’objet d’un audit et un plan de mise à niveau est convenu ; il reçoit une petite commande pilote à faible risque, sous un suivi rapproché ; il est accompagné en matière de sécurité, de qualité et de finances, et payé plus rapidement pendant sa croissance ; il devient fournisseur agréé dans le cadre d’un contrat-cadre assorti d’un tableau de bord de performance ; et, au sommet de l’échelle, il vend à d’autres industries de la zone et de la région.
Source : proposition de Cameroon Steel.
Chaque échelon associe un test et une récompense. Le test protège l’usine ; la récompense, une commande plus importante, un paiement plus rapide ou un contrat plus long, donne au fournisseur une raison d’investir. Les deux récompenses les plus efficaces pour les petites entreprises camerounaises sont souvent les moins coûteuses pour l’acheteur : des volumes prévisibles, pour que l’entreprise puisse recruter et former, et un paiement dans les délais convenus, pour qu’elle ne finance pas l’acheteur avec de l’argent emprunté.
6.5 Dangote Cement : des achats locaux en hausse pendant que l’entreprise déclarait investir dans ses fournisseurs
L’exemple africain le mieux documenté et proche de la situation camerounaise est celui de Dangote Cement, présent au Nigeria et dans dix autres pays africains, dont le Cameroun [S42]. Son rapport annuel 2025 indique que les achats locaux ont atteint 1 719 milliards de ₦, soit 82 % du total des achats, contre 75 % en 2024 et 72 % en 2023 (figure 6.3) [S42]. Cette part est donc passée de 72 % à 82 % entre 2023 et 2025, période au cours de laquelle l’entreprise indique avoir investi dans le développement de ses fournisseurs ; les parts étant calculées sur des montants en nairas, et l’effet des variations de change n’étant pas isolé, cette hausse ne peut être attribuée au seul développement des fournisseurs. L’entreprise décrit le recours à des petites et moyennes entreprises locales pour les services de carrière, les emballages, la logistique, la restauration et l’entretien des installations dans l’ensemble de ses implantations africaines et, au Nigeria, l’appui apporté aux transporteurs, fabricants de parpaings, détaillants, artisans et prestataires de maintenance par le renforcement des capacités en matière de normes de santé et de sécurité, la formation technique des sous-traitants et des mécaniciens, et des accords d’enlèvement stables [S42].
Deux éléments de l’exemple de Dangote importent pour une aciérie. D’abord, les achats locaux sont déclarés en part du total des dépenses, année après année, selon une méthode exposée dans le reporting de durabilité de l’entreprise ; c’est cette discipline qui rend crédible une revendication de contenu local. Ensuite, les catégories qu’elle déclare avoir localisées sont les mêmes que celles de la figure 6.1 : logistique, restauration, entretien des installations et services de site, ainsi qu’une maintenance plus technique. Une cimenterie n’est pas une aciérie, mais sa chaîne d’approvisionnement en services, en maintenance et en logistique est comparable.
6.6 Le Cameroun dispose déjà d’une base de fournisseurs sur laquelle bâtir
Le secteur camerounais de l’acier et de la transformation des métaux ne part pas de rien. Ses producteurs et transformateurs, regroupés en associations professionnelles, représentaient en mai 2026, selon la presse, environ 5 000 emplois et environ 500 milliards de FCFA de chiffre d’affaires [S08]. Douala compte des laminoirs, des tréfileurs, des fabricants de treillis, des chaudronniers et des ateliers d’ingénierie rompus à la maintenance industrielle. Kribi même se dote d’une base industrielle : la Zone industrialo-portuaire de Kribi prévoit des pôles consacrés à la transformation du bois et à la logistique, à la sidérurgie liée aux exportations minières, à la pétrochimie, à l’agro-industrie et aux matériaux de construction [S38], avec un programme d’aménagement de première phase de 400 millions d’euros sur 795 millions prévus, à financer avec la Banque africaine de développement, l’Union européenne et la SFI [S39].
Pour une aciérie, ces entreprises sont à la fois des fournisseurs et des clients potentiels. Les chaudronniers et les tréfileurs achètent barres et fil ; les ateliers d’usinage peuvent réparer cylindres, guides et pièces de rechange ; les sociétés d’ingénierie peuvent entretenir ponts roulants, hydraulique et systèmes électriques ; et les producteurs de matériaux de construction peuvent utiliser le laitier d’aciérie comme granulat, un sous-produit pour lequel une usine doit trouver des débouchés. Un programme de développement des fournisseurs conduit à l’échelle de la zone, plutôt que d’une seule usine, répartirait le coût des audits, de l’accompagnement et de la certification entre plusieurs acheteurs, et offrirait aux fournisseurs un marché plus vaste où se développer.
6.7 Mesurer honnêtement le contenu local
Les chiffres de contenu local sont faciles à gonfler. Un achat auprès d’une société de négoce immatriculée au Cameroun qui importe un produit fini est compté comme « local » dans de nombreux rapports, mais il crée peu d’emplois et peu de valeur au Cameroun. Un cadre de déclaration crédible distingue au moins quatre mesures :
- Les dépenses auprès de fournisseurs immatriculés au Cameroun, en part du total des achats, par catégorie.
- Les dépenses auprès de petites et moyennes entreprises à capitaux camerounais, et auprès d’entreprises établies dans la région du Sud.
- La valeur ajoutée locale, estimée comme la part de la valeur de chaque contrat qui rémunère du travail, des matériaux et des services produits au Cameroun.
- Les résultats en matière de capacités des fournisseurs : nombre d’entreprises auditées, accompagnées, agréées et certifiées, et emplois et formations dans ces entreprises.
Les objectifs proposés par Cameroon Steel pour la part des dépenses confiée à des fournisseurs locaux figurent à la figure 6.1 ; le chapitre 10 propose que la grappe publie un rapport commun de contenu local pour la Zone industrialo-portuaire de Kribi, fondé sur ces quatre mesures, afin que les progrès puissent être comparés entre employeurs et dans le temps.
6.8 Les risques et leur gestion
Le développement des fournisseurs comporte des risques qui doivent être gérés ouvertement. Le premier est la sécurité et la qualité : un sous-traitant insuffisamment qualifié sur le site d’une aciérie met en danger ses propres travailleurs et les autres ; aucune préférence locale ne devrait donc l’emporter sur les seuils de sécurité et de qualité de l’échelle. Le deuxième est le coût : les fournisseurs locaux peuvent être d’abord plus chers que les importations, et l’écart de prix devrait être traité comme un coût de développement limité dans le temps, assorti d’une date de sortie, et non comme une subvention permanente. Le troisième est l’intégrité : les listes de fournisseurs privilégiés attirent la recherche de rente ; les critères de qualification, les résultats d’audit et les attributions de marchés devraient donc être documentés et auditables, avec un dispositif de réclamation pour les entreprises écartées. Le quatrième est la dépendance : les petites entreprises tributaires d’un seul gros acheteur sont fragiles, raison de plus pour les développer à l’échelle de la zone et les aider à vendre à d’autres industries au Cameroun et en Afrique centrale.
Ainsi conduit, le contenu local devient ce que vise l’ordonnance de 2025 : non un quota à déclarer, mais un canal par lequel les compétences construites dans l’usine se diffusent dans l’économie qui l’entoure.
Sources citées dans ce chapitre
Les repères entre crochets renvoient à ces sources ; la liste complète figure en annexe. Liste complète des sources
- S36Ordonnance n° 2025/002 du 18 juillet 2025 fixant les incitations à l’investissement en République du Cameroun (copie certifiée). Présidence de la République (copie publiée par LEGECAM), 18 juil. 2025.legecam.cm/wp-content/uploads/2025/08/ordonnance_n_2025_002_du_18_07_2…
- S37Cameroun : l’Agence de promotion des investissements lance la sensibilisation autour de l’ordonnance de 2025. Droit Médias Finance, 13 mai 2026.droitmediasfinance.com/index.php/actualites/droit-ohada-affaires/1260-…
- S632024 Investment Climate Statements: Cameroon. Département d’État des États-Unis, 2024.state.gov/reports/2024-investment-climate-statements/cameroon/
- S64Cameroon reviews metals industry to address supply and energy constraints. Business in Cameroon, 29 avr. 2026.businessincameroon.com/public-management/2904-16094-cameroon-reviews-m…
- S35Loi n° 2023/014 du 19 décembre 2023 portant Code minier. République du Cameroun (copie FAOLEX), 19 dévers 2023.faolex.fao.org/docs/pdf/cmr223180.pdf
- S33Loi n° 92/007 du 14 août 1992 portant Code du travail. République du Cameroun (copie FAOLEX), 14 août 1992.faolex.fao.org/docs/pdf/cmr198304.pdf
- S30« Ces recettes vont assurer le financement de la formation professionnelle ». Cameroon Tribune, 25 janv. 2024.cameroon-tribune.cm/article.html/62720/fr.html/details_2
- S31Cameroun : en 2023, l’État n’a collecté que 5 milliards de recettes auprès des travailleurs étrangers. EcoMatin, 26 janv. 2024.ecomatin.net/cameroun-en-2023-letat-na-collecte-que-5-milliards-de-rec…
- S40Innovations douanières de la Loi de finances 2025. Ministère des Finances, Direction générale des douanes, janv. 2025.minfi.gov.cm/wp-content/uploads/2025/01/EXPOSE_DGD_LF_2025.pdf
- S09Kribi : le Premier ministre, chef du gouvernement est là. Cameroon Tribune, 30 dévers 2024.cameroon-tribune.cm/article.html/68499/fr.html/details_2
- S42Annual Report and Accounts 2025. Dangote Cement Plc, juin 2026.cement.dangote.com/wp-content/uploads/2026/06/Dangote-Cememt-Plc-2025-…
- S08Production : les acteurs en présence. Cameroon Tribune, 11 mai 2026.cameroon-tribune.cm/article.html/76600/fr.html/details_2
- S38Zone industrialo-portuaire de Kribi (KPIZ) : jusqu’à +8 points de croissance et 150 000 emplois attendus sur 15 ans. Investir au Cameroun, 4 mars 2026.investiraucameroun.com/gestion-publique/0403-23163-zone-industrialo-po…
- S39Cameroon launches $860m Kribi industrial zone to process raw materials locally. Ecofin Agency, 27 févr. 2026.ecofinagency.com/news/2702-53326-cameroon-launches-860m-kribi-industri…
Citer ce chapitre
Cameroon Steel (2026). Le Cameroun peut doter sa sidérurgie de ses propres compétences si la formation commence avant le four. Livre blanc 08, chapitre 6 : Le contenu local ne multiplie les emplois d’une aciérie que si les fournisseurs sont développés, et pas seulement privilégiés. CS-WP-08. https://www.cameroon-steel.com/fr/bibliotheque/skills-for-steel/local-content-and-suppliers/
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