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De la ressource minérale à la valeur industrielle

Livre blanc 07 · Chapitre 7 · Édition française

Biodiversité : un habitat critique est peu probable sur le site mais présent dans le paysage, le plan d’action s’étend donc au-delà de l’enceinte

La zone du site sidérurgique est très probablement un habitat modifié ou un habitat naturel secondaire, au sein d’une mosaïque de champs et de forêts que l’État a affectée à l’industrie en 2009. Un habitat critique, au sens de la Norme de performance 6 de la SFI, n’est pas attendu sur le site lui-même. On ne peut toutefois l’exclure avant l’achèvement d’inventaires sur deux saisons : des pangolins pourraient fréquenter le site, et ses petits cours d’eau pourraient abriter des poissons d’eau douce que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Un habitat critique est en revanche très probablement présent dans le paysage élargi. Il comprend les plages de ponte du parc marin, les estuaires côtiers, ainsi que les grands singes et les éléphants de Campo-Ma’an. Les plus grands risques qui pèsent sur eux tiennent moins à l’emprise de l’usine qu’à ce qu’elle induit : davantage de population, de trafic, de chasse et de pression sur le littoral. Nous appliquerons strictement la hiérarchie d’atténuation sur le site. Au-delà, nous prévoyons une contribution mesurable à la conservation, conçue avec les autorités chargées de la conservation et avec les communautés qui vivent de ces milieux.

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3 010 mots
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2
Édition du
10 octobre 2026
Dans ce chapitre (6)
  1. 7.1 Un paysage d’importance mondiale
  2. 7.2 Les espèces préoccupantes
  3. 7.3 Examen préliminaire de l’habitat critique
  4. 7.4 Comment une usine sidérurgique peut affecter un paysage qu’elle ne touche pas
  5. 7.5 La hiérarchie d’atténuation, mise en pratique
  6. 7.6 De l’examen préliminaire au plan d’action pour la biodiversité

7.1 Un paysage d’importance mondiale

La côte de Kribi à Campo appartient à la ceinture de forêt côtière de Basse-Guinée, ou forêt atlantique biafréenne, l’une des régions forestières les plus riches d’Afrique. Le Parc national de Campo-Ma’an a été créé par décret le 6 janvier 2000 et couvre 264 064 ha de forêt sempervirente et semi-décidue mixte, des mangroves et forêts côtières proches de la mer jusqu’à des collines d’environ 1 100 m [B02][B08]. Il a été créé en partie pour compenser les impacts de l’oléoduc Tchad-Cameroun et constitue le cœur d’une unité d’aménagement plus vaste, dont les concessions forestières et les plantations forment la zone périphérique [B08]. Il abrite plusieurs espèces menacées [B08][B10][B11] :

  • le gorille des plaines de l’Ouest et l’éléphant de forêt d’Afrique, tous deux en danger critique ;
  • le chimpanzé d’Afrique centrale, en danger ;
  • 302 espèces d’oiseaux recensées [B11], et d’importantes populations de plus de 120 espèces menacées à l’échelle mondiale au total [B08].

Le parc a été inscrit en février 2018 sur la Liste indicative des biens proposés par le Cameroun pour l’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO [B11].

La mer n’est pas moins importante. Le Parc national marin de Manyange na Elombo-Campo, créé en 2021, couvre 110 300 ha d’océan et de littoral, plus une zone tampon de 3 400 ha. Il s’étend vers le sud jusqu’à la frontière avec la Guinée équatoriale et englobe les mangroves de l’estuaire du Ntem [B01]. Ses plages, d’Ebodjé vers le sud, sont des sites de ponte pour la tortue olivâtre et la tortue luth. Des juvéniles de tortue verte et de tortue imbriquée s’alimentent le long de la côte [B06]. Plus au nord, le Parc national de Douala-Edéa protège des mangroves, une forêt de basse altitude et le lamantin d’Afrique [B03]. Les fleuves côtiers, la Lobé, la Lokoundjé, le Nyong et le Ntem, relient la forêt à la mer. Leurs estuaires sont des habitats du lamantin et des zones de nourricerie pour les poissons.

7.2 Les espèces préoccupantes

Le tableau 7.1 recense les espèces menacées dont la présence est la plus probable dans la zone d’influence du projet, avec leur statut mondial sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Il s’agit d’une liste de présélection établie à partir de sources documentaires, et non du résultat d’un inventaire. Plusieurs statuts ont récemment évolué. La tortue verte, par exemple, a été réévaluée en préoccupation mineure à l’échelle mondiale en octobre 2025, alors qu’elle était auparavant classée en danger [B10][B12]. Chaque statut du tableau a été vérifié sur la Liste rouge de l’UICN (version 2026-1) le 10 octobre 2026 et le sera de nouveau au moment de l’évaluation [B09][B10].

Tableau 7.1 Liste de présélection des espèces menacées probables dans la zone d’influence

Espèce Statut mondial (UICN) Présence probable par rapport à la zone du site sidérurgique Pourquoi elle compte ici
Éléphant de forêt d’Afrique (Loxodonta cyclotis) En danger critique (évaluation publiée en 2021) Campo-Ma’an et massifs forestiers adjacents ; improbable sur le site Sensible à la fragmentation forestière et à l’accès induit, par exemple le long des corridors de transport
Gorille des plaines de l’Ouest (Gorilla gorilla gorilla) En danger critique (2016, modifiée en 2018) Campo-Ma’an ; éventuellement massifs forestiers plus vastes à l’intérieur des terres Vulnérable à la pression de chasse liée à l’afflux de population
Chimpanzé d’Afrique centrale (Pan troglodytes troglodytes) En danger (2016) Campo-Ma’an et mosaïques forestières Pression liée à la viande de brousse
Pangolin à écailles tricuspides et pangolin géant (Phataginus tricuspis, Smutsia gigantea) En danger (2019, pour les deux espèces) Mosaïque de forêt secondaire et de champs ; présence possible sur le site Trafic ; inventaires préalables au défrichement et sauvetage nécessaires
Perroquet gris (Psittacus erithacus) En danger (2018) Mosaïque forestière Commerce
Lamantin d’Afrique (Trichechus senegalensis) Vulnérable (2015) Estuaires de la basse Lobé, de la Lokoundjé, du Nyong et du Ntem Sensible à la qualité et à la turbidité des eaux fluviales
Tortue luth (Dermochelys coriacea) Vulnérable à l’échelle mondiale (2013) ; sous-populations évaluées séparément Ponte sur les plages d’Ebodjé à Campo Sensible à l’érosion des plages, à l’éclairage et à la pollution
Tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea) Vulnérable (2008) Principale espèce pondeuse à Ebodjé Mêmes pressions que la tortue luth
Tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata) En danger critique (2008) Juvéniles s’alimentant le long de la côte Qualité des eaux côtières
Tortue verte (Chelonia mydas) Préoccupation mineure à l’échelle mondiale (évaluation publiée en 2025 ; auparavant en danger) Ponte rare ; juvéniles s’alimentant Certaines sous-populations restent préoccupantes
Killis des cours d’eau côtiers (Aphyosemion, Epiplatys spp.) Plusieurs espèces à aire de répartition restreinte ; espèces et statuts à identifier par inventaire Présence possible dans les petits cours d’eau qui drainent le plateau Habitat critique possible au titre du critère 2 ; inventaire piscicole nécessaire

Source : Liste rouge des espèces menacées de l’UICN, version 2026-1, consultée le 10 octobre 2026, évaluations répertoriées à l’annexe C [B09][B10][B12] ; fiche « Tropical Important Plant Areas » de Kew [B08] ; projet de la Rufford Foundation sur la ponte des tortues à Ebodjé [B06]. Les années sont celles de la dernière évaluation mondiale. Seul un inventaire permettra d’identifier les espèces de killis.

La dernière ligne passe facilement inaperçue et pourrait être la plus importante pour le site lui-même. Les petits cours d’eau côtiers de cette partie du Cameroun sont connus pour leurs killis, poissons minuscules et colorés dont certaines espèces ne vivent que dans une poignée de ruisseaux. Si un cours d’eau drainant la zone du site sidérurgique abritait une telle espèce, il pourrait satisfaire au critère de la SFI relatif aux espèces à aire de répartition restreinte, alors même que le site ne présente rien de remarquable. Seul un inventaire ichtyologique en hautes et en basses eaux permettra de le savoir. D’ici là, nous traitons ces cours d’eau comme potentiellement critiques (chapitre 5).

7.3 Examen préliminaire de l’habitat critique

La Norme de performance 6 de la SFI définit l’habitat critique selon cinq critères [G01][G02] :

  1. habitat d’importance significative pour des espèces en danger critique ou en danger ;
  2. habitat d’importance significative pour des espèces endémiques ou à aire de répartition restreinte ;
  3. habitat abritant des concentrations d’importance mondiale d’espèces migratrices ou grégaires ;
  4. écosystèmes fortement menacés ou uniques ;
  5. zones associées à des processus évolutifs essentiels.

La note d’orientation 6 fixe des seuils chiffrés pour les trois premiers critères [G02]. Par exemple, un site relève du niveau le plus élevé s’il abrite au moins 10 % de la population mondiale d’une espèce en danger critique ou en danger. Il peut aussi être qualifié s’il accueille la présence régulière d’un seul individu d’une espèce en danger critique. Lorsqu’un habitat critique existe, un projet ne peut être réalisé que s’il n’entraîne aucun impact négatif mesurable sur les valeurs qui le rendent critique, aucune réduction nette de la population d’une espèce en danger critique ou en danger, et s’il génère un gain net [G01].

Examen préliminaire de l'habitat critique par entité et par critère.
DérivéFigure 7.1. Examen préliminaire de l’habitat critique par entité et par critère. Sur la base des éléments documentaires, le site lui-même a peu de chances d’être qualifié, tandis que le parc marin, Campo-Ma’an et peut-être les petits cours d’eau côtiers sont candidats ou probablement qualifiables.

Source : NP 6 de la SFI et note d’orientation 6 [G01][G02] ; informations sur les espèces selon le tableau 7.1 ; examen documentaire de Cameroon Steel. Examen qualitatif, et non évaluation de l’habitat critique.

Notre examen documentaire (figure 7.1) conduit à trois conclusions.

La zone du site sidérurgique a peu de chances d’être un habitat critique. Il s’agit d’une mosaïque de forêt secondaire et de terres agricoles au sein d’une zone industrielle, et non d’un refuge pour une population d’importance mondiale. Des pangolins en danger pourraient la fréquenter, ce qui rend le critère 1 « possible » plutôt qu’« improbable ». Les inventaires trancheront la question.

Les petits cours d’eau constituent la principale question ouverte pour le site. Ils sont candidats au titre du critère 2 en raison de la présence possible de poissons à aire de répartition restreinte.

Le paysage élargi contient presque certainement un habitat critique. Campo-Ma’an est qualifié par ses éléphants et ses gorilles en danger critique. Les plages de ponte du parc marin devraient être qualifiées pour leurs concentrations de tortues migratrices. Les mangroves et les estuaires pourraient être qualifiés au titre des écosystèmes menacés.

Le projet n’occupera aucune de ces zones. Mais il peut les affecter indirectement, et la NP 6 exige que ces effets soient évalués et gérés avec le même sérieux.

7.4 Comment une usine sidérurgique peut affecter un paysage qu’elle ne touche pas

L’emprise directe est le moindre des enjeux. Le défrichement du site supprimera de la forêt secondaire et des jachères, et avec elles l’habitat des animaux qui les fréquentent. Cette perte est réelle : elle doit être réduite au minimum, faire l’objet d’une restauration lorsque c’est possible et, s’il s’agit d’habitat naturel, être compensée. Mais elle est circonscrite et prévisible.

Les voies d’impact indirectes et induites sont plus importantes et plus difficiles à maîtriser.

  • L’afflux de population. Une main-d’œuvre de construction de plusieurs centaines de personnes, à laquelle s’ajoutent les demandeurs d’emploi et les commerçants qu’attire un grand projet, accroît la demande de viande de brousse, de bois, de charbon de bois et de terres. Les grands singes et les éléphants de Campo-Ma’an sont menacés principalement par la chasse, et la chasse suit les populations et les routes.
  • L’accès. Les nouvelles routes, embranchements ferroviaires et lignes électriques ouvrent la forêt aux chasseurs et aux colons. Tout corridor dont le projet a besoin doit être évalué au regard de l’accès induit, même s’il est construit par un tiers.
  • L’eau. Les sédiments et les polluants qui atteignent les cours d’eau côtiers poursuivent leur course jusqu’aux estuaires fréquentés par les lamantins et les juvéniles de poissons (chapitre 5).
  • Le littoral et la lumière. Les tortues dépendent de plages déjà en recul près du port et sont désorientées par la lumière artificielle (chapitre 1). Tout ouvrage côtier, et tout éclairage visible depuis les plages, compte.
  • La pression cumulative. L’expansion du port, un terminal minéralier en projet, des voies ferrées, d’autres industries de la zone et un projet de fer sur la Lobé agissent tous sur le même paysage. La presse a par exemple signalé le risque que des poussières du projet de fer de la Lobé atteignent le fleuve [B05]. Aucun projet ne peut gérer seul ces pressions (chapitre 9).

Un enseignement de l’histoire même de Kribi oriente notre approche de la compensation. Le Parc national de Campo-Ma’an a été créé en 2000 notamment à titre de compensation environnementale de l’oléoduc Tchad-Cameroun, qui aboutit à Kribi. Une cartographie participative a ensuite montré qu’une grande partie du parc couvrait des terres utilisées par des communautés bagyeli pour la chasse et la cueillette [H06]. La presse a également relevé que le parc marin avait été créé sans consultation préalable des communautés [B05]. Une conservation qui exclut les populations vivant de la terre peut leur nuire et, en définitive, nuire à la conservation elle-même. Toute contribution que nous apporterons au-delà de l’enceinte sera donc conçue avec les communautés concernées, y compris les Bagyeli, dans le respect de leurs droits (chapitre 8).

7.5 La hiérarchie d’atténuation, mise en pratique

La hiérarchie d’atténuation ordonne les réponses : éviter d’abord, puis réduire, puis restaurer, et seulement ensuite compenser ce qui subsiste [G01]. La figure 7.2 résume la manière dont nous l’appliquerons. La rigueur tient à l’ordre. La compensation ne remplace pas l’évitement, et une promesse de compenser plus tard ne justifie pas un choix qui aurait pu être évité aujourd’hui.

La hiérarchie d'atténuation appliquée au complexe sidérurgique, avec les principales mesures à chaque étape.
IllustratifFigure 7.2. La hiérarchie d’atténuation appliquée au complexe sidérurgique, avec les principales mesures à chaque étape.

Source : Normes de performance 1 et 6 de la SFI [G01] ; note d’orientation 6 [G02] ; engagements de Cameroon Steel (prévus).

Éviter. Le plan de masse sera adapté à la carte d’occupation du sol et à l’inventaire des cours d’eau, et non l’inverse. Les corridors des cours d’eau, les zones humides et la forêt de vallon seront maintenus hors de l’emprise. Des bandes tampons végétalisées d’au moins 30 m longeront les cours d’eau, plus larges lorsque les inventaires le justifient. Tout reliquat de forêt mature sera conservé dans la ceinture verte. Nous ne prévoyons aucune infrastructure côtière propre ni aucun rejet dans le bassin de la Lobé sans étude.

Réduire. Le défrichement sera échelonné afin de limiter les surfaces exposées, et programmé de manière à éviter les pics de reproduction identifiés par les inventaires. Avant l’avancée de chaque front de défrichement, des équipes formées le prospecteront et déplaceront les animaux lents tels que les pangolins et les tortues terrestres. Un code de conduite strict s’appliquera à la main-d’œuvre et à toutes les entreprises : aucune chasse, aucun achat ni transport de viande de brousse ou d’animaux sauvages vivants, et licenciement en cas de manquement. Les bases vie seront approvisionnées de sorte que les travailleurs n’aient aucune raison d’acheter de la viande de brousse. Des limitations de vitesse s’appliqueront sur toutes les voies du projet, et l’éclairage sera occulté et de teinte chaude.

Restaurer. La terre végétale sera stockée et réutilisée. Les aires de chantier seront réhabilitées progressivement. Une pépinière d’espèces indigènes alimentera une ceinture verte autour du site et la replantation des berges le long des bandes tampons. Nous travaillerons avec un partenaire local et privilégierons des espèces choisies avec les communautés pour leur utilité autant que pour leur intérêt écologique.

Compenser ou contribuer. La perte résiduelle d’habitat naturel sera quantifiée dans l’évaluation et compensée de manière à n’entraîner aucune perte nette. Si un habitat critique est affecté, l’objectif sera un gain net [G01]. Au-delà de ces exigences, nous entendons apporter une contribution mesurable à la gestion du paysage élargi. Les domaines envisagés comprennent l’appui au suivi des tortues du parc marin avec la communauté d’Ebodjé, la lutte contre le braconnage et l’application de la loi autour de Campo-Ma’an, et la protection des habitats estuariens. Ces contributions seront conçues avec les autorités chargées de la conservation, les communautés et des organisations spécialisées, et examinées par un conseiller indépendant en biodiversité.

Les plus grands risques tiennent moins à l’emprise de l’usine qu’à ce qu’elle induit : population, trafic, chasse et pression sur le littoral.
Vue d’illustration. Image générée d’un estuaire à mangroves sur la côte atlantique de l’Afrique centrale ; il ne s’agit pas d’une photographie d’un projet, d’un lieu ou d’une personne.

7.6 De l’examen préliminaire au plan d’action pour la biodiversité

L’examen présenté dans ce chapitre est un point de départ. L’évaluation le remplacera par des éléments probants en cinq étapes.

  1. Cartographie de l’occupation du sol. Une carte des habitats établie à partir d’images à très haute résolution et d’une classification satellitaire, vérifiée sur le terrain, distinguera habitat modifié et habitat naturel sur le site et à ses abords.
  2. Inventaires sur deux saisons. Nous inventorierons la flore au moyen de placettes de végétation, et les mammifères au moyen de pièges photographiques (au moins 20 appareils pendant 60 jours par saison), de transects et d’entretiens. Les oiseaux seront couverts par des points d’écoute, les reptiles et les amphibiens par des recherches ciblées, et les poissons et les invertébrés par des inventaires en hautes et en basses eaux (chapitre 11).
  3. Évaluation de l’habitat critique. Une évaluation formelle au titre de la note d’orientation 6 s’appuiera sur les données d’inventaire et sur un examen à l’aide de l’outil intégré d’évaluation de la biodiversité (IBAT), et définira pour chaque entité l’aire d’analyse écologiquement pertinente.
  4. Plan d’action pour la biodiversité. Le plan fixera des objectifs mesurables, des actions, des responsabilités, des budgets et des indicateurs pour chaque impact résiduel, y compris la comptabilité de l’absence de perte nette ou du gain net.
  5. Examen indépendant et publication. Un spécialiste indépendant de la biodiversité examinera le plan d’action, dont une synthèse sera publiée avec l’évaluation.

Le suivi se poursuivra pendant toute la durée de vie de l’usine. Les indicateurs comprendront :

  • la surface défrichée au regard du plan ;
  • l’intégrité des bandes tampons ;
  • l’occupation des espèces d’après les pièges photographiques ;
  • les indices piscicoles et d’invertébrés dans les cours d’eau récepteurs ;
  • les incidents impliquant la faune et les manquements au code de conduite ;
  • pour la contribution au paysage, les indicateurs convenus des programmes partenaires, tels que le décompte des nids de tortues enregistré avec l’autorité du parc.

Le chapitre 10 précise comment il sera rendu compte de ces indicateurs.

Nos engagements en matière de biodiversité

Des inventaires sur deux saisons avant le gel du plan de masse, y compris un inventaire piscicole de chaque cours d’eau drainant le site. Une évaluation formelle de l’habitat critique. Une comptabilité garantissant l’absence de perte nette d’habitat naturel, et un gain net si un habitat critique est affecté. Un code de conduite de la main-d’œuvre fondé sur la tolérance zéro pour la chasse et le commerce d’espèces sauvages. Une contribution à la conservation du paysage élargi, conçue avec les communautés et les autorités, jamais au détriment des droits des populations qui y vivent.

Sources citées dans ce chapitre

Les repères entre crochets renvoient à ces sources ; la liste complète figure en annexe. Liste complète des sources

  1. B02Décret n° 2000/004/PM portant création du Parc National de Campo-Ma’an. Premier ministre (copie FAOLEX), 6 janv. 2000.faolex.fao.org/docs/pdf/cmr26727.pdf
  2. B08Campo Ma’an National Park, fiche « Tropical Important Plant Areas » CMNTIPA025 (B. Murphy et J. M. Onana). Royal Botanic Gardens, Kew.tipas.kew.org/site/campo-maan-national-park/
  3. B10Évaluations de la Liste rouge de l’UICN (version 2026-1) : Gobush et al. 2021, Loxodonta cyclotis , e.T181007989A204404464 ; Maisels et al. 2018, Gorilla gorilla gorilla , e.T9406A136251508 ; Maisels et al. 2016, Pan troglodytes troglodytes , e.T15936A102332276 ; Pietersen et al. 2019, Phataginus tricuspis , e.T12767A123586469 ; Nixon et al. 2019, Smutsia gigantea , e.T12762A123584478 ; BirdLife International 2018, Psittacus erithacus , e.T22724813A129879439 ; Keith Diagne 2015, Trichechus senegalensis , e.T22104A97168578 ; Wallace et al. 2013, Dermochelys coriacea , e.T6494A43526147 ; Abreu-Grobois et Plotkin 2008, Lepidochelys olivacea , e.T11534A3292503 ; Mortimer et Donnelly 2008, Eretmochelys imbricata , e.T8005A12881238 ; Wallace et Broderick 2025, Chelonia mydas , e.T4615A285108125. Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), 2008 à 2025  ; consulté le 10 oct. 2026.iucnredlist.org
  4. B11Parc national de Campo Ma’an (Liste indicative, réf. 6312). Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO, 2 févr. 2018.whc.unesco.org/en/tentativelists/6312/
  5. B01Décret n° 2021/4804/PM portant création du Parc National Marin Manyange na Elombo-Campo. Premier ministre (copie FAOLEX), 9 juil. 2021.faolex.fao.org/docs/pdf/cmr220623.pdf
  6. B06Beach patrols for marine turtle nesting stock estimation in the Atlantic coastline of Ebodje, Cameroon (A. H. Nibam). Rufford Foundation, 2018.rufford.org/projects/abi-henry-nibam/beach-patrols-for-marine-turtle-n…
  7. B03Décret portant mutation de la Réserve de Faune de Douala-Edéa en Parc National. Services du Premier Ministre, 2018.spm.gov.cm/site/sites/default/files/mutation%20de%20la%20reserve%20de%…
  8. B12Arctic seals threatened by climate change, birds decline globally : IUCN Red List (communiqué de presse ; la tortue verte passe de « en danger » à « préoccupation mineure »). UICN, 10 oct. 2025.iucn.org/press-release/202510/arctic-seals-threatened-climate-change-b…
  9. B09The IUCN Red List of Threatened Species. Union internationale pour la conservation de la nature.iucnredlist.org
  10. G01Performance Standards on Environmental and Social Sustainability. Société financière internationale (SFI), 1er janv. 2012.ifc.org/en/insights-reports/2012/ifc-performance-standards
  11. G02Guidance Note 6: Biodiversity Conservation and Sustainable Management of Living Natural Resources (version actualisée). Société financière internationale (SFI), 27 juin 2019.ifc.org/en/insights-reports/2012/ifc-performance-standards
  12. B05Unchecked development threatens Cameroon’s Manyange Na Elombo-Campo marine park (L. Bongben). Global Voices (source secondaire), 22 nov. 2025.globalvoices.org/2025/11/22/unchecked-development-threatens-cameroons-…
  13. H06Pipelines, parks, and people: Bagyeli document land use near Campo Ma’an National Park (J. Nelson et B. Tchoumba), Cultural Survival Quarterly 28-1. Cultural Survival, 2004 (édition web du 7 mai 2010).culturalsurvival.org/publications/cultural-survival-quarterly/pipeline…

Citer ce chapitre

Cameroon Steel (2026). Construire de manière responsable à Kribi : une usine sidérurgique peut respecter les normes internationales à quatre conditions. Livre blanc 07, chapitre 7 : Biodiversité : un habitat critique est peu probable sur le site mais présent dans le paysage, le plan d’action s’étend donc au-delà de l’enceinte. CS-WP-07. https://www.cameroon-steel.com/fr/bibliotheque/responsible-kribi/biodiversity/